On va se battre pour votre porte-monnaie mobile
« Vous réglez comment? Espèces, carte bleue ou… téléphone portable? ». Etrange question ? Plus pour longtemps ! D’ailleurs, certains consommateurs réalisent déjà certains de leurs achats armés de leur téléphone.
Nouvelles technologies, nouveaux usages… Zoom sur un secteur des moyens de paiement en pleine révolution.
Votre portefeuille en cuir s’apprête à prendre la poussière, délaissé au profit du m-wallet (le porte-monnaie virtuel) et du paiement mobile. Le consommateur peut aujourd’hui se rendre chez un géant de la distribution comme BestBuy, comme chez Starbucks, et utiliser son téléphone portable pour régler son café ou ses achats, obtenir des informations sur les promotions en cours et effectuer des comparatifs de prix. Les appareils mobiles se positionnent désormais à la croisée des moyens de paiements, de la publicité et du marketing.
Sociétés de cartes de crédit, banques, opérateurs télécoms, géants de l’Internet et la grande distribution se démènent déjà pour avoir une part du gâteau d’un marché en forte croissance : celui du traitement des paiements. Les gagnants seront les entreprises qui sauront être à la pointe de la technologie, tout en proposant la meilleure expérience utilisateur et être rentable pour les commerçants.
Ceux qui détermineront les vainqueurs sont toutefois les consommateurs avec leurs porte-monnaie numérique. Mais que recherchent-ils au fond ? Comment les entreprises peuvent y répondre ?
La course dans le paiement par mobiles est lancée
Beaucoup de grandes entreprises américaines tentent de répondre à ces questions. Les institutions financières tirent une part non négligeable de leurs revenus du traitement des paiements, mais cette part du gâteau se réduit de plus en plus. Quant aux banques, elles sont dépassées par l’arrivée de nouveaux concurrents « non financiers », tels que Paypal ou le tout nouveau Square, qui proposent des applications de paiement mobile depuis un téléphone portable.
Le nombre d’entreprises non financières s’intéressant à ce marché est en nette augmentation, et compte notamment les géants de la distribution. Wal-Mart et Carrefour ont ainsi développé des technologies qui permettent aux clients d’effectuer des achats avec leurs téléphones. Le secteur des télécoms s’active également sur le m-vallet. Isis, par exemple, est une technologie mobile née de la collaboration entre Verizon Wireless, AT&T Mobility et T-Mobile aux Etats-Unis. Plus près de nous, Vodafone, O2 et Everything Everywhere (joint-venture britannique d’Orange et T-Mobile) préparent le lancement de la première plateforme de paiement par mobile à échelle européenne. Le projet pourrait bientôt voir le jour, si toutefois la Commission européenne l'approuve.
Dans cette bataille des paiements mobiles, il faudra également compter sur quatre marques prisées par les consommateurs : Apple, Google, Facebook et Amazon. En effet, les consommateurs vont naturellement vers ces marques car elles leur sont familières et, très souvent, leurs produits et services font partie de leur vie quotidienne.
La forte notoriété d’Apple peut donner un premier indice sur les entreprises qui sortiront du lot. Les consommateurs donnent aujourd’hui une prime à l’élégance et à la facilité d’utilisation des produits Apple. Dans le secteur de la téléphonie mobile et des tablettes, l’ergonomie l’emporte sur le prix, et Apple a remporté la mise. C’est donc sans surprise que le monde a appris récemment qu’Apple transformerait bientôt iTunes en plateforme de paiement.
A qui faire confiance?
Dans cette guerre de parts de marchés, celui qui déterminera le grand vainqueur n’est autre que le consommateur – et son portefeuille. Numérique, bien sûr.
Quand un consommateur s’apprête à faire un achat, trois questions lui viennent à l’esprit : à qui fais-je le plus confiance ? Avec qui suis-je le plus à l’aise pour partager des informations ? Enfin, qui réussira à faire cohabiter les mondes de la publicité et des paiements le plus harmonieusement ?
Les leaders de demain seront ceux qui auront su répondre au mieux à ces trois questions et lui proposer des méthodes de paiement mobiles plus sûres et plus simples. La sécurité représentera également un enjeu central. Avec la recrudescence des fraudes, le consommateur est devenu très exigeant en la matière : les entreprises devront donc appréhender ce double enjeu de gestion des fraudes et de sécurité optimale, afin de prendre une longueur d’avance face à leurs concurrents.
La bonne nouvelle ? Finalement, le vainqueur dans cette bataille est tout simplement le consommateur. Car avec des concurrents de plus en plus nombreux, le prix du traitement des paiements va chuter. Les consommateurs auront donc un plus vaste choix de services financiers et d’offres bancaires à des tarifs toujours plus compétitifs. Cependant, personne ne pourra faire l’impasse sur la confiance et la sécurité. Que le meilleur – et le plus fiable – gagne !
Cet article, rédigé par Randy Barker, directeur des solutions dédiées aux services bancaires et aux services de crédit chez CSC, a été publié dans l’édition été 2012 du magazine CSC World.

