Des doutes à lever
Malgré leurs promesses en termes d’amélioration l’efficacité opérationnelle, d’innovation et finalement d’avantage concurrentiel, des obstacles freinent le déploiement de ces nouvelles technologies. Les craintes sur la sécurité des systèmes d’information notamment : selon le dernier Baromètre CIO, pour 72% des entreprises l’utilisation des terminaux mobiles a provoqué une augmentation des incidents de sécurité. Ainsi, en ce qui concerne le cloud computing par exemple, l’adoption est progressive et partielle.
« Même si personne de devrait y échapper parce qu’il amène rapidement un service final à l’utilisateur, le cloud Computing ne concernera pas tous les services, de même que Cobol n’a pas disparu, que tout n’a pas été externalisé en Inde ou placé en infogérance, » assure Alain Moustard, DSI de Bouygues Telecom.
L’autre difficulté pour les DSI tient à la place même qu’ils occupent dans l’entreprise. L’accroissement du rôle des technologies dans les entreprises n’augmente pas en effet mécaniquement l’influence de ces derniers. En effet, bien que 81 % des dirigeants d’entreprises estiment que la technologie est un élément fondamental de leur modèle économique, nombre d’entre eux ne comptent pas sur la DSI pour satisfaire ce besoin car ils la perçoivent trop souvent comme un obstacle et non comme un partenaire du “business”... Alors même que, selon Nils Olaya Fonstad, directeur associé de l’Insead, la capacité même des entreprises à se différencier dépend de cette confiance dans la DSI : « les entreprises qui ne s’appuient pas suffisamment sur les technologies de l’information et l’assistance offerte par leur département informatique, passent ainsi à côté d’opportunités majeures de se différencier de leurs concurrents. »
Une révolution culturelle à mener
Il faut encore faire évoluer les mentalités. Dans l’entreprise mais aussi au sein de la DSI car l’essor du cloud computing, des Big Data et du « Bring Your Own Device » bouleverse les pratiques. Les DSI doivent non seulement apporter le support technique à ces nouvelles technologies, déployées au niveau de la direction dès leur commercialisation mais aussi se mettre à l’écoute d’employés désireux de maîtriser tant leur cœur de métier que les technologies qui les entourent. Ce qui se traduit également par la nécessité de s’habituer à une prise de décision de plus en plus souvent conjointe avec des employés maîtrisant parfaitement les technologies qu’ils emploient et ayant une idée très précise de leurs besoins technologiques. Plus formateur et conseiller, la DSI pourra en contrepartie recentrer son énergie sur la gestion des données et la valeur ajoutée de l’informatique et la recherche du meilleur rapport coûts/bénéfices. L’enjeu n’est donc pas seulement technologique. Il est aussi managérial et humain. Les DSI se faisant finalement managers chargés d’instaurer le changement. Avec une difficulté principale : trouver le bon équilibre entre la création de valeur pour les métiers de l’entreprise et la conservation de la maîtrise et de la cohérence du système d’information. Un nouveau défi pour une fonction qui a l’habitude d’en relever régulièrement.

