News Article -- Octobre (mois) 02, 2008
Aéroports : vers un pilotage logistique
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Les grands aéroports internationaux sont de véritables villes, tant par leur organisation complexe que par leur taille. Cette réalité frappe parfois désagréablement le voyageur : attente, retard, contrôles fastidieux… Concilier fluidité et processus aéroportuaires complexes, voici un défi ambitieux pour le transport aérien de demain. Les systèmes de pilotage devront permettre d’arbitrer les intérêts divergents des nombreux acteurs et d’anticiper les aléas, tout en poursuivant un but essentiel : la satisfaction des voyageurs.
Près de 5 milliards de passagers ont transité dans les aéroports du monde entier l’an dernier, annonce le dernier rapport annuel d’Airports Council International. « Aujourd’hui, prendre l’avion est un acte banal : en quelques minutes, on peut décider de partir à l’autre bout du monde ; en trois clics on achète un billet… Conséquence : le client attend la même fluidité à son arrivée à l’aéroport », explique Laurent Bourdery, manager au sein du pôle transport et tourisme chez CSC.
Nous entrons de plain-pied au cśur du paradoxe auquel les acteurs du transport aérien doivent faire face. Comment concilier deux visions : celle d’un voyageur habité par l’idée de fluidité et de rapidité, et celle d’une organisation industrielle complexe ?
L’aéroport : un carrefour logistique
Les grands aéroports internationaux sont à eux seuls de véritables villes. En 2007, l’aéroport de Paris-Charles de Gaulle a vu défiler 55 millions de voyageurs !
Conçus pour satisfaire les besoins des voyageurs, des équipages et des employés, grands lieux de transit, les aéroports voient donc se croiser, et parfois s’affronter, une multitude de métiers comme de prestataires aux intérêts divergents. Compagnies aériennes, police, douane, gestionnaires d’installations, personnel d’accueil et d’assistance technique des avions… jusqu’à 50.000 acteurs interviennent sur un aéroport. Chacun avec ses contraintes, chacun avec ses priorités.
Quand l’objectif de la compagnie aérienne est de fluidifier l’accès des passagers, celui de la police et les douanes met l’accent sur la sûreté, source de multiples contrôles souvent chronophages.
Un aéroport, c’est aussi un immense carrefour de charges et de flux « non stockables » : approvisionnement des avions en kérosène, livraison des repas, traçabilité des bagages, guidage arrivées/départs, attribution des parkings.
Réduire les aléas et les disparités
Organisme à l’équilibre fragile, l’aéroport est soumis à des aléas naturels comme la météo, mais également à des phénomènes tels que la saisonnalité. Selon les saisons l’encombrement aérien est très fluctuant et les aéroports n’ont pas tous les mêmes moyens pour faire face à ces variations de charge. A ces variables, s’ajoutent les contraintes économiques, qui obligent les compagnies aériennes à faire des rotations de plus en plus serrées.
Dans ce contexte de tension, le moindre retard peut engendrer un effet de cascade sur l’ensemble des activités : retard dans les correspondances, occupation plus longue des parkings, désorganisation des approvisionnements. Du hub « industriel » à l’aéroport régional au fonctionnement plus « artisanal », d’un continent à l’autre, d’un aéroport à l’autre, l’organisation technique et la répartition des responsabilités sont très variables.
Déjà plus de fluidité dans les procédures d’enregistrement
Comment alors concilier la double vision du transport aérien : celle du passager qui attend un traitement « personnalisé » avec celle d’une organisation « industrialisée » ? Les compagnies aériennes mettent tout en śuvre pour offrir des services rapides et attractifs : réservation sur Internet, billet électronique, paiement en ligne, pré-enregistrement en libre service… Le voyageur vit mal la confrontation entre la vie rêvée sur Internet et la dure réalité qui le frappe à l’arrivée à l’aéroport : multiplicité des contrôles, lourdeur des procédures d’enregistrement, files d’attentes à l’embarquement.
Comment réduire cet écart entre rêve et réalité ? Le transport aérien travaille déjà à relever ce défi. Ainsi, aujourd’hui, de nombreux outils permettent d’accélérer les contrôles. Développée depuis quelques années, la biométrie permet aux services de polices d’identifier rapidement les voyageurs au moyen de leurs empreintes digitales ou de leur iris.
Quant aux bagages, ils sont suivis à la trace grâce à la technologie de radio-étiquettes RFID (voir encadré). Ce système assure l’association du voyageur avec ses bagages et la destination, tout au long des déplacements et des correspondances. Au-delà de la réduction des coûts, le développement de ces outils participe à améliorer la fluidité des opérations de contrôle et libère peu à peu le voyageur des contraintes pour lui offrir un service rapide et sûr.
Passer d’une gestion en silo à un pilotage de processus
« Il faut aller vers une vision logisticienne d’un aéroport ». Pour Christophe Lienhard, partner au sein du pôle transport et tourisme de CSC, il est indispensable de revoir le pilotage d’ensemble des aéroports. Aujourd’hui, les activités sont gérées « en silos » : chaque acteur organise son métier de manière autonome – compagnie aérienne, exploitation aéroportuaire, guidage aérien, police, douane, prestataire externe... Les priorités des uns se heurtent parfois à l’organisation des autres, ce qui ne facilite pas la coordination de l’ensemble.
Aujourd’hui, « Il faut réfléchir en termes de processus plutôt que de métier afin de fournir un ensemble d’informations globales fiables et instantanées au PC de coordination », précise Christophe Lienhard. Les systèmes d’information prennent en compte toute la complexité de telles structures : gestion des hommes, des techniques, contraintes sécuritaires et efficacité des opérations. Cependant, la dimension logisticienne de chacune des activités d’un aéroport n’est pas suffisamment prise en compte. Les systèmes d’information devront répondre de plus en plus à la nécessité d’une gestion adaptée à la fois aux processus, aux métiers, aux charges et aux flux.
L’enjeu des structures aéroportuaires de demain est double : mettre tout en śuvre pour réduire les aléas et développer des systèmes susceptibles de synchronisation des informations, à chaque étape des processus, afin de pouvoir s’appuyer sur un pilotage logistique centralisé.
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