News Article -- Octobre (mois) 02, 2008
Comment s’organiser pour innover
Télécharger la version PDF de cet article
Bon nombre de dirigeants d’entreprises n’hésitent pas à affirmer qu’ils ont, à titre personnel, la responsabilité de l’innovation dans leur entreprise. Dans le même temps, ils reconnaissent que l’innovation c’est aussi l’affaire de tous ! De quoi se demander si l’innovation n’est-elle pas finalement l’affaire de tous, donc de personne. Qui innove, comment et suivant quelle organisation ? Point de vue.
Qui prend la responsabilité ?
Différentes études récentes montrent qu’une majorité de dirigeants d’entreprises considèrent que le levier de croissance pour leur société est l’innovation. Ce levier devrait être utilisé à court terme puisque 65% de ces chefs d’entreprises rapportent qu’ils doivent réaliser des changements fondamentaux dans les prochains mois à travers le lancement de nouveaux produits et services d’une part mais aussi en mettant plus d’emphase sur l’innovation dans leur business model.
Que ce soit le business model sur lequel il s’agit d’innover, sur les produits ou les services en tant que tel de l’entreprise, une innovation réussie nécessite d’être capable de repérer les tendances, de filtrer les bonnes idées, de s’inscrire dans la continuité, bref de s'organiser.
Toutefois organiser l’innovation n’est pas chose évidente, car il s’agit d’organiser l’individu dans une démarche innovante, impliquant pour cela un engagement très personnel. En effet, pour obtenir le maximum d’idées potentiellement innovantes, il s’agit de s’adresser au plus grand nombre possible de personnes susceptibles d’effectuer une proposition. Dans le même temps la paternité d’une idée est quelque chose de très individuelle, presque intime et la nature humaine est faite de telle sorte que l’appropriation d’une idée se partage mal, d’autant plus dans des contextes professionnels ou se mêlent pouvoir et hiérarchie…
Cette problématique transparaît dans les réponses des dirigeants dès lors qu’on leur demande qui est en charge de l’innovation dans leurs entreprises : 50% répondent, c’est l’affaire de tous, 50% répondent, que c’est eux-mêmes. Dans le même temps les sources de l’innovation, déclarent-ils, sont à 40% en provenance des employés, 35% des fournisseurs, 35% des clients. Il y a vraisemblablement une confusion entre la responsabilité et l’origine, entre l’apport individuel et le bien commun.
De la R&D à la direction de l’innovation
Cette confrontation entre l’ego du salarié et le bien commun de l’entreprise s’est exacerbée ces dernières années. Pendant longtemps l’innovation a été rangée dans des départements type R&D, notamment dans les industries à caractère scientifique mais pas seulement.
Les problématiques intuitu personae étaient de fait moins vives, l’origine de l’innovation venant quasi-exclusivement de ce microcosme. Depuis une dizaine d’années l’innovation est devenue « l’affaire de tous » et l’incitation à formuler une idée innovante quelque soit le niveau du salarié dans l’entreprise est devenue légion. Le groupe Renault par exemple n’hésite pas à promouvoir l’émergence de cinq à six idées par an par employé, soit environ 500 000 possibles…
L’innovation sort du carcan de la R&D et ont commencé à fleurir en entreprise des « Directions de l’innovation ». Toujours proches de la direction générale ces directions peu étoffées en collaborateurs et en moyens sont souvent tenues par un expert de l’entreprise dont l’ancienneté, l’expérience, la reconnaissance interne n’est plus à faire. Leurs rôles : imaginer « l’innovation participative », montrer que la direction n’est pas tant une affaire de personne qu’une affaire collective.
Une individualisation collective
Le génie de ces directions dont l’émergence récente ne peut permettre d’en dresser un bilan, sera de réussir à articuler apport personnel et bien commun. Il s’agit en quelque sorte de reproduire le fonctionnement et l’organisation des départements R&D mais cette fois à l’échelle de l’entreprise.
Ces structures ne peuvent y arriver seules et nécessitent également une modification du comportement des dirigeants eux-mêmes coupables de leurs ego surdimensionnés vis-à-vis de l’innovation. Peut-être que le bilan une fois celui-ci possible sera jaugé positif quand il sera non plus dit « l’innovation c’est moi ou c’est l’affaire de tous », mais « l’innovation c’est une affaire collaborative».
Liens associés
En savoir plus sur l’innovation chez CSC
En savoir plus sur l’innovation en réseau
En savoir plus sur l’esprit d’innovation
En savoir plus sur l'alchimie nécessaire à l’innovation
Vous souhaitez de plus amples informations ? Contactez-nous !
