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News Article -- Décembre (mois) 11, 2002

Gérer le risque dans les services financiers

Un besoin d’adaptation récurrent

La gestion des risques appartient à l’essence même des métiers de la banque et de l'assurance. Elle est donc aussi ancienne que ceux-ci. Son actualité s'est cependant accrue, aussi bien pour des raisons conjoncturelles que réglementaires. Les événements dramatiques de 2001 et 2002 (terrorisme, accidents industriels majeurs, inondations, etc…) ont sensibilisé plus fortement banquiers et assureurs à certains types de risques tout en les mettant en première ligne du fait même de leur métier. Par ailleurs, l'environnement économique et notamment sa composante la plus spectaculaire, la baisse des marchés financiers (doublée d'une très forte volatilité), touche le secteur dans son rôle d'intermédiaire et de gestionnaire d'actifs. Enfin, la réglementation modifie l’enveloppe de fonds propres requise au titre de la couverture des risques pour les banques (réglementation "Bâle II", ratio MacDonough).

Même si le sujet est ancien, l'effort d'adaptation est important. Les enjeux semblent aller au-delà de la gestion des risques, de leurs conséquences et de la mise en conformité avec la réglementation. Ils consistent également à :
  • coordonner la politique, la mesure et l'action dans tous les domaines de risque afin de parer aux décisions contradictoires, et de ne pas étouffer le fonctionnement sous les contrôles interne et réglementaire (telles les réglementations IAS et Bâle II) ;
  • mieux analyser les sources de la valeur ajoutée de l'entreprise afin d'isoler les composantes de risque et de les gérer, grâce aux moyens les plus modernes, comme l’ALM crédit notamment, tout en poursuivant la politique commerciale retenue ;
  • continuer à diffuser la culture risque au sein de l'ensemble des populations afin d’éviter que le risque ne soit qu'une affaire de spécialistes.


IAS - Bâle II : trois enjeux majeurs en commun

Réalisé à l’initiative de SAP, de Novamétrie et de l’EFMA, le dernier baromètre des stratégies de l’information dans les banques et les compagnies d’assurance était consacré aux accords de Bâle II et aux normes IAS (International Accounting Standards). L’étude met en évidence les interactions des deux projets. La majorité des banques européennes ont identifié des sujets communs aux deux chantiers, 40% ayant même formé des groupes de travail communs. Les deux projets ont trois enjeux majeurs en commun : la gestion des fonds propres, la gestion du résultat et la communication.

  • La gestion des fonds propres
    Les IAS induisent mécaniquement une volatilité des fonds propres ou des résultats qui, dans certaines situations, peut aller directement à l’encontre des exigences de niveau et de stabilité posées dans Bâle II.
    L’accroissement de la volatilité des fonds propres induit par les IAS résulte de l’introduction d’une dissymétrie générale majeure entre le traitement du cash et celui de la couverture.
    Contrairement aux autres instruments - pour lesquels l'intention est le déterminant du mode d'évaluation - tous les dérivés devront toujours être évalués à leur " fair value", qu’ils fassent partie ou non de la couverture d’un autre instrument ou position (l’IAS 39 impose ainsi que tous les changements de valeur d’un instrument de couverture soient portés directement en equity alors même que les changements de valeur de l’instrument couvert ne sont pas traduits dans les états financiers).

  • La gestion du résultat
    Adopter les IAS, c’est changer radicalement de philosophie et passer d’une comptabilité visant à la protection des créanciers, par une exclusion systématique des plus-values potentielles, à une comptabilité "boursière" ou actuarielle génératrice de plus-values non fondées sur des résultats effectivement réalisés. Par référence aux règles actuelles de présentation des comptes sociaux et des comptes consolidés, la simple mise en vigueur des IAS suffit à modifier le résultat dans des proportions importantes.

  • La communication
    Si le pilier 3 de Bâle II et les IAS répondent à un même souci de transparence, l’ampleur, le degré de détail et parfois la nouveauté (tableau de trésorerie, analyses sectorielles, etc.) des informations qui devront être fournies, tout comme la diversité nouvelle des normes de présentation, seront tels que la nécessaire cohérence des publications deviendra beaucoup plus difficile à obtenir et à maintenir.
    Compte tenu des impacts tant métiers et organisationnels qu’en matière de ressources humaines, les projets Mac Donough et IAS nécessitent donc une structure de pilotage, impliquant aussi bien la direction générale que les directions financières, risques et métiers.




    Risque crédit : vers une ALM crédit ?

    Il est de plus en plus tentant, voire nécessaire, pour les établissements financiers de premier plan de chercher à combiner exposition au risque de défaillance de sociétés et maintien d’une gestion active du développement de la relation bancaire. Dans cet environnement, peut-on envisager une nouvelle gestion dynamique du risque de crédit calquée sur le fonctionnement de la gestion actif-passif (ALM ou Asset Liabilities Management) ? L’objectif serait alors la gestion d’une impasse du risque de crédit déconnectée du risque de taux et de liquidité des engagements financiers.


    Une telle démarche permet en effet une nouvelle approche intégrée de la gestion du risque de crédit, tant sur les aspects réglementaires (Bâle II) qu’économiques. Les trois processus à l’śuvre dans la gestion de ce risque sont :
    • la prévision et la modélisation de l’activité ;
    • l’exploitation des prévisions et des modèles permettant d’améliorer la fonction de production / distribution (ratings, limites et délégations) ;
    • l’analyse du risque de crédit ("TCI crédit", analyse de marge et allocation de fonds propres).
    Les résultats ainsi obtenus lors de l’analyse du risque de crédit peuvent ensuite être exploités dans une double optique de surveillance des modèles et de réduction de la consommation de fonds propres, au titre du risque de crédit, aussi bien économiques que réglementaires. La fonction "ALM crédit" devient ainsi le moteur de la gestion dynamique du risque de crédit.
    En effet, pour les opérations nouvelles, l’ALM crédit est un outil d’aide à la décision qui mesure l’opportunité de diversifier ou non son portefeuille. Pour les opérations existantes, l’ALM crédit permet, dans une logique de mesure de la rentabilité des risques pour chaque client ("RAROC client"), de surveiller la marge dégagée par chaque crédit. Si celle-ci n’est pas suffisante pour doter les provisions nécessaires et rémunérer les fonds propres affectés, alors les modèles doivent être revus et les couvertures mises en place.
    A ce titre, les dérivés de crédit se révèlent plus efficaces que les instruments de couverture habituels (collatéralisation, titrisation) car ils permettent de déconnecter le risque crédit de l’engagement financier sous-jacent et de le transférer à un tiers (à l’image du rôle des sociétés d’assurance qui représentent aujourd’hui la moitié du marché des dérivés). Néanmoins, afin d’atteindre une maturité du marché et une liquidité suffisante de ces produits, il faudra recourir à des sous-jacents susceptibles de refléter ce risque comme, par exemple, des indices synthétiques de crédit qui, aujourd’hui encore, restent à construire.
    Quelle que soit la profondeur du marché des dérivés de crédit, l’ALM crédit autorise une gestion dynamique du risque de crédit qui permet de combiner visions réglementaire et économique, et de mettre en cohérence la rentabilité de l’actif avec le coût du risque.



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