L'explosion du cloud: comment en est-on arrivé là aussi vite?
Article -- Juillet (mois) 07, 2011
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Michael Capellas est une grande figure du secteur informatique. Ancien président de HP, CEO de Compaq, il préside aujourd’hui l’alliance VCE (Virtual Cloud Environment). Nous l’avons interrogé récemment sur l’évolution des technologies de l’information. Au sommaire : comment l’informatique accompagne (ou déclenche) les transformations au sein de l’entreprise, ceci à l’échelle planétaire. Rétrospective.
Lire le CV de Michael Capellas, c’est se plonger dans la bio d’un poids lourd des technologies de l’information : président de nombreuses sociétés (First Data Corporation, MCI, HP, Compaq), 20 années passées chez Oracle, SAP et Schlumberger, il siège actuellement au comité de direction de Cisco Systems, et est le chef de file de la coalition VCE… Pouvait-on rêver meilleur guide pour retracer l’histoire du cloud computing ?
Technologies : une évolution éclair
Selon Michael Capellas, « l’histoire commence en 2003 : alors que les entreprises utilisaient des lignes louées pour la gestion de leurs réseaux, elles décident de passer à l’IP. La tendance se propage : en seulement 24 mois, c’est le monde entier qui adopte l’IP ! »
L’IP permet de fournir les capacités réseaux nécessaires aux entreprises au moment où elles en ont besoin. C’est un tournant décisif : les entreprises découvrent le potentiel et les bénéfices de la facturation à l’utilisation. « Les coûts ont chuté, tandis que la flexibilité augmentait », analyse Michael Capellas. «Les entreprises n’avaient plus à craindre l’indisponibilité de leur réseau ; au contraire, elles pouvaient désormais répondre aux opportunités du marché en toute sérénité, confiantes en la capacité de leur infrastructure à soutenir la croissance, quel que soit le contexte. »
Un air de changement
Cette révolution est suivie par une autre innovation, dopant la puissance et la flexibilité de traitement : l’arrivée des microprocesseurs Intel X-86, qui font chuter les coûts de traitement et permettent aux entreprises de disposer de niveaux d’extensibilité jamais égalés. Puis c’est le tour de la technologie sans fil. « Le sans fil a étendu l’importance des réseaux publics et privés. Les smartphones sont aujourd’hui omniprésents. Les applications se comptent par millions à travers le monde, réduisant les frontières entre des technologies autrefois séparées. Le contenu est doublé tous les six mois et inclut désormais les services vocaux, la vidéo, l’animation et les données métier : tout ce contenu numérique peut être créé, partagé, recyclé et rajouté à un monde parallèle d’applications et d’activités multimédia ».
L’adoption de l’IP pour les réseaux, l’augmentation de la puissance de traitement, la consumérisation du sans fil, l’explosion du contenu… toutes ces innovations ont donné corps au Nuage.
Le facteur économique
La demande de flexibilité, liée à l’explosion du contenu, a forcé à revoir la gestion des réseaux. Cependant, il fallait plus d’une innovation pour créer une vraie rupture : le déclencheur sera la situation économique. La crise a en effet obligé les entreprises à réduire leurs coûts pour survivre, et à inventer des modèles économiques vraiment différents. Pour Michael Capellas, «la majorité des révolutions technologiques émergent après une crise. Les entreprises ont tendance à geler leurs investissements pendant la crise, et lorsque les conditions s’améliorent, elles veulent rattraper le temps perdu. Elles investissent alors pour se différencier radicalement ».
Le cloud est arrivé à point nommé : avec des modèles économiques vieillissants, des retours sur investissement décroissants et un coût de maintenance des systèmes et serveurs dédiés à des applications spécifiques très élevé, les entreprises étaient en quête de nouveauté. Même leurs centres de données les mieux gérés n’étaient pas exploités à plus de 30 % de leur capacité... Un problème en temps normal, une situation inacceptable en période de crise.
L’informatique à la demande
« Le Nuage est la commercialisation de technologies convergées : il permet aux entreprises de se délester de leurs coûts fixes et de se concentrer sur leur cœur de métier. Le fait de pouvoir acheter les technologies comme un bien de consommation, de payer à l’utilisation et de choisir uniquement ce qui nous est indispensable marque un changement de cap radical dans l’appréhension des technologies de l’information. Cela permet de réduire les coûts tout en augmentant significativement l’agilité des entreprises. Pourquoi s’en priver ? »
Désormais, les entreprises n’ont plus à se soucier de l’étendue de la capacité réseau puisque celle-ci est virtualisée grâce à l’utilisation de l’IP. « Bénéficier, à un instant t, de la juste capacité est devenu normal», explique Capellas. « Aujourd’hui, nous ne voulons payer que ce que nous utilisons. Cette approche peut tout à fait être appliquée à l’infrastructure dans sa totalité. Dans cet environnement, les utilisateurs n’auraient plus à craindre de ne pas disposer de suffisamment de serveurs ou de licences. Les applications et les capacités de stockage de données ne prendraient que l’espace requis, ni plus, ni moins. Nous entrons dans un processus organique, automatique. »
Avec la virtualisation, les infrastructures pourront atteindre des taux d’utilisation record, proches de 100%. Et lorsque la demande excédera l’offre, il suffira d’acheter un autre bloc de capacités d’exploitation, de stockage et de réseau convergé, de la même manière que l’on achète une barrette de mémoire additionnelle pour notre PC. Quid de la maturité du Nuage ? « Nous pourrons considérer que le cloud computing est entré dans les mœurs quand il ne fera plus de buzz», conclut Michael Capellas. « Au final, l’objectif est simple : il s’agit de proposer des services informatiques basés sur la consommation. Comprendre cela, c’est forcément l’accepter. »
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