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Marie Claude Bessis
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News Article -- Juin (mois) 16, 2010
Les banques françaises se préparent activement a l’espace unique europeen de paiement en euros qui constitue pour elles une formidable opportunité de gagner des parts de marché
Selon le premier barometre européen des moyens de paiement publie par CSC, la prochaine revolution des moyens de paiement va egalement dynamiser le commerce electronique dont profiteront entreprises et particuliers L’harmonisation des moyens de paiement dans l’Union européenne est en marche. Elle vise à créer un espace unique de paiement en euros. Dans le cadre du SEPA (Single Euro Payments Area), de nouveaux instruments de paiement paneuropéens vont progressivement se substituer aux moyens de paiement nationaux équivalents. Ainsi il sera bientôt possible d’utiliser sa carte bancaire nationale partout en Europe aux mêmes conditions que dans son pays d’origine. La Directive sur les Services de Paiement (DSP), qui a été transposée en droit français en novembre 2009 et donne un cadre juridique au SEPA, vise à développer la concurrence et à réduire le prix des transactions de paiement. Elle prévoit notamment qu’un nouvel acteur non bancaire puisse intervenir : l’établissement de paiement. En résumé, le SEPA et la DSP ont pour objectifs de bâtir un environnement de paiement plus simple, plus sûr et surtout plus européen. Afin de savoir quelle était la traduction des ces objectifs par les parties prenantes aujourd’hui, CSC a entrepris de réaliser le 1er Baromètre européen des moyens de paiement. A cet effet, la société s’est appuyée sur l’institut de sondage TNS Sofres et sur l’Efma (European Financial Marketing Association) qui ont, chacun pour leur part, sondé un échantillon représentatif d’une centaine de décideurs dans des banques et/ou des entreprises européennes. De nombreux témoignages de dirigeants et d’experts européens ont permis de compléter le baromètre. Les 5 principaux enseignements 1 - Ce qui ressort tout d’abord de ce baromètre, c’est que contrairement aux attentes ce sont surtout les banques qui envisagent de tirer profit du SEPA alors que cet espace a été conçu pour bénéficier en priorité aux consommateurs et aux entreprises. En fait, les entreprises ne se sont pas encore mobilisées sur le sujet sans doute faute d’information alors que les banques se sont appropriées cet enjeu. En effet, un tiers seulement des entreprises européennes estime que le SEPA et la DSP auront un impact fort à la fois sur le plan stratégique et sur le plan opérationnel. 2 - 75% des banques européennes considèrent que les évolutions induites par le SEPA ne remettront pas en cause leur rôle sur le marché des paiements, voire qu’elles le renforceront. En revanche, elles sont près de 50% à anticiper une forte concurrence des « établissements de paiement » et un accroissement du rôle déjà prééminent des réseaux cartes internationaux (schemes). 3- Banques et entreprises considèrent que le SEPA et la DSP n’auront pas d’impact direct sur le volume des transactions. En revanche, elles s’attendent à une croissance significative des paiements transfrontières et des paiements et services bancaires à distance. Si les banques prévoient une augmentation de leurs revenus, elles savent que la mise en place des nouveaux outils de paiement spécifiques au SEPA conduira à l’abandon progressif des moyens de paiement domestiques comme le chèque. 4- La défiance des entreprises vis-à-vis du SEPA et de la DSP s’explique également par leur opinion sur l’évolution des tarifs bancaires : la moitié des entreprises anticipe une hausse globale des prix des services de paiement. Jusqu’à présent, les banques cherchaient à réduire leurs coûts ; demain, elles seront plutôt focalisées sur le développement de nouveaux services afin de disposer de revenus de remplacement. Car elles sont conscientes que l’émergence de nouveaux acteurs aura pour effet d’aiguiser la concurrence sur les prix. 5 - Alors que les banques commencent à mettre en oeuvre le SEPA, le baromètre CSC montre que les entreprises européennes sont encore attentistes et ont d’autres priorités d’investissement. « Il ressort clairement de l’enquête que les entreprises misent sur l’e-commerce pour « désintermédier » les banques. Elles comptent faire baisser leurs coûts en s’appuyant sur des places de marchés électroniques, par exemple » indique Claude Czechowski, Président de CSC France & Europe du Sud et de l’Ouest. Tout comme les banques, les entreprises se préparent également à investir dans le paiement sans contact (par carte ou par mobile). L’Europe des paiements encore divisée L’attitude des banques et entreprises vis-à-vis du SEPA varie selon les pays européens : le Benelux et, de façon plus inattendue, l’Italie sont très proactifs (plus des deux tiers des répondants envisagent un impact fort ou très fort du SEPA et de la DSP) et mettent beaucoup d’énergie à internationaliser leurs moyens de paiement alors qu’à l’extrême, le Royaume-Uni reste eurosceptique (25% des répondants n’escomptent aucun impact du SEPA et de la DSP). Entre les deux, l’Allemagne et la France qui s’intéressent surtout à l’harmonisation des réglementations induites par le SEPA (en France, les deux tiers des répondants affichent un sérieux scepticisme sur l’impact du SEPA). Compte tenu de son expérience internationale, CSC ne peut que confirmer ces divergences d’un pays à l’autre. Perspectives Banques et entreprises ont la possibilité d’attendre 2011 pour commencer à exploiter les instruments SEPA et à migrer leurs instruments nationaux mais la date à laquelle tous les anciens systèmes de paiement nationaux devront disparaître n’a pas encore été fixée par la Commission. Cette mise en place peut paraître longue mais elle s’explique par la nécessité d’obtenir l’engagement de 32 pays pour mener un tel projet de transformation des processus de paiement. Au final, le SEPA introduira une vraie dynamique tout comme celle créée par la déréglementation du marché des télécommunications. La montée en puissance de la monnaie électronique est donc inéluctable et les différents acteurs s’y préparent. « L’industrialisation des moyens de paiement est en marche au niveau européen. Pour les banques, ce sont des investissements lourds mais indispensables pour espérer figurer parmi les acteurs bancaires de demain », souligne Claude Czechowski. A titre d’exemple, citons ces projets d’« usines monétiques » développés actuellement avec le concours de CSC au Cedicam, la plateforme flux et paiements du Crédit Agricole. Parallèlement à ces chantiers (qui impliquent uniquement les banques), les entreprises, seules ou associées à des banques, se convertissent au commerce électronique et imaginent de nouveaux usages et des services à valeur ajoutée. Le lancement récent du paiement sans contact par mobile à Nice en témoigne. Plus généralement, le paysage européen des moyens de paiement continuera à fortement évoluer dans les années à venir avec la généralisation de l’e-paiement et son lot de nouveaux acteurs comme VirginMoney, PayPal, Ariba ou certains opérateurs télécoms.
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