« Une ère passionnante pour les technologies de l’information » - Rencontre avec David Moschella
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« Une ère passionnante pour les technologies de l’information»
Directeur de recherche au sein du Leading Edge Forum de CSC, David Moschella suit de près les tendances du marché des technologies de l’information. Son dernier rapport, intitulé « The Next Generation of Digital Game-changers » identifie 30 vecteurs de changements et propose des pistes de réflexion pour aider la fonction informatique à mieux anticiper et relever les défis qu’ils soulèvent.
Dans votre dernier rapport, vous prédisez de nouvelles ruptures technologiques pour les années à venir. Quelles sont les technologies à surveiller ?
David Moschella : En fait, le changement se fera déjà grâce aux technologies « de base », qui irriguent déjà l’entreprise. Equipements, logiciels et réseaux… ces trois composantes se combinent de mieux en mieux, pour atteindre des résultats très prometteurs. Pour les entreprises, ceci se traduit par la possibilité de recourir de plus en plus à la virtualisation d’activités qu’elles géraient traditionnellement de façon « physique ».
Comment définiriez-vous une technologie qui « change la donne »?
D. M. : Il s’agit d’un point d’inflexion dans la manière dont les choses sont appréhendées : un changement de cap dans la manière d’appréhender et de diriger les activités de l’entreprise, un véritable tournant. Le phénomène BYOT (Bring Your Own Technology), par exemple, « change la donne » puisque toute l’énergie déployée pour gérer le parc informatique peut être consacrée à d’autres activités.
La plupart des technologies que vous décrivez dans le rapport ont été conçues pour le grand public. Comment vont-elles transformer l’entreprise ?
D. M. : Tout d’abord, il faut noter que sur ces 30 ruptures, toutes ne sont pas le fruit de technologies grand public. Ceci étant, il est évident qu’aujourd’hui, les employés et les clients des entreprises sont également des consommateurs de technologies grand public. Le monde de l’entreprise et celui du grand public ne sont donc pas totalement isolés. Un employé qui se familiarise avec une technologie grand public et la met en pratique au sein de l’entreprise pour être plus productif – devenant ainsi qualifié dans sa propre discipline et dans la technologie qu’il emploie – est devenu un profil très recherché par les entreprises et peut espérer un salaire plus intéressant. De ce point de vue, les technologies grand public et la productivité d’entreprise sont de plus en plus liées.
De la même manière, si les médias sociaux n’ont pas - encore - transformé la façon dont les entreprises opèrent, les contenus partagés par les utilisateurs – opinions, expériences clients… – ont une influence considérable sur le comportement des consommateurs. De fait, ces contenus sont souvent beaucoup plus puissants que les campagnes marketing traditionnelles.
Justement, quelles sont les technologies les plus à même de « changer la donne » ?
D. M. : La géolocalisation est une grande opportunité pour les entreprises. Elle va avoir un impact considérable, tout comme les interfaces utilisant la parole ou la visualisation (de données notamment). On s’attend également à voir une grande influence du « Own Your Own Data » avec des employés et des consommateurs contrôlant les informations personnelles mises à la disposition des entreprises, renversant ainsi la dynamique actuelle.
Pour autant, soyons prudents car beaucoup de ces technologies n’en sont qu’à leurs balbutiements. Il est fréquent qu’il faille une dizaine d’années pour qu’une technologie atteigne son niveau de maturité optimal. Les tablettes, les technologies mobiles et les médias sociaux existent depuis plusieurs années, mais ce n’est que récemment qu’ils exploitent tout leur potentiel.
Vous évoquez également des risques dans le rapport. Pouvez-vous les préciser ?
D. M. : Nous avons en effet identifié dix risques potentiels pour les DSI. Par exemple, il est trop tôt pour s’avancer sur les risques encourus pour la santé par l’utilisation prolongée des téléphones portables, mais si tel est le cas, cela aura un impact considérable sur les entreprises. Par ailleurs, la consumérisation des technologies de l’information signifie que l’informatique n’est plus seulement un outil : c’est de plus en plus un média et un objet de consommation (les secteurs de la mode et des loisirs l’ont d’ailleurs bien compris). En fait, les consommateurs optent pour cette consumérisation… mais ils pourraient tout aussi facilement la refuser à l’avenir.
Que doivent faire les entreprises pour mieux maîtriser le potentiel de ces technologies ?
D. M. : Les entreprises ont l’habitude de s’adapter au changement. Dans un environnement particulièrement innovant, comme c’est le cas aujourd’hui, elles doivent améliorer leur capacité à se projeter dans l’avenir et anticiper les tendances, notamment en termes de demande. Plus particulièrement, les DSI doivent comprendre que la gestion des technologies d’entreprise ne leur est plus exclusive. L’ère de l’informatique en tant qu’« Etat nourricier » disparait, et la fonction informatique doit de plus en plus endosser le rôle de coach et de coordinateur, plutôt que celui de parent. La bonne nouvelle est que nous entrons dans une ère passionnante pour l’informatique. Apple est aujourd’hui la plus grande capitalisation boursière au monde, Google, Amazon et Facebook connaissent un succès tout aussi phénoménal : nous vivons clairement l’une des périodes les plus intéressantes pour ce secteur d’activité. Malheureusement, il est rare que ce soit perçu de la sorte par les professionnels de l’informatique. Pour remédier à cela, les DSI doivent aligner leur entreprise sur ces dynamiques de changement. Ils doivent quitter les coulisses purement techniques de leur entreprise et tirer profit du potentiel énorme qu’offre cette nouvelle génération de technologies de l’information.
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Consultez le rapport du LEF « The Next Generation of Digital Game-changers »
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