Améliorer la gestion des fournisseurs pour maîtriser les risques
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Soumises aux chocs à répétition, les directions achats prennent conscience qu’elles ont pu sous-estimer certains risques. Elles révisent aujourd’hui l’ordre de leurs priorités et tentent de mettre en place une gestion des risques plus durable.
Rappel par Toyota de 9 millions de véhicules en 2009 ; éruption de l'Eyjafjöll clouant au sol le fret aérien en 2010 ; tsunami japonais en 2011… Ce terrible enchaînement a mis à mal les chaînes logistiques et souligné les limites des principes actuels d’organisation de la production : le juste à temps (réduction du coût des stocks), la mondialisation des fournitures (baisse du prix de revient) ; la standardisation des composants (économies d’échelle).
Malgré l’augmentation inéluctable du coût des transports et la réduction tendancielle des écarts de salaires, la violence de ces chocs n’entraîne pas pour autant de remise en cause radicale de ces dogmes. Il faut dire que les groupes nippons ont redémarré leur activité bien plus rapidement que prévu et que, dans l’ensemble, les entreprises n’étaient pas aussi mal préparées qu’on aurait pu le craindre. La faiblesse des stocks leur ayant, en effet, permis d’identifier rapidement les composants qui allaient manquer et de se mettre au travail sans délai avec leurs fournisseurs… Les sociétés sont ainsi encore peu nombreuses à vouloir réduire ou même seulement stabiliser la part des achats dans les pays émergents (8% d’après le Groupement Achats d’HEC). 44% souhaitant même augmenter cette part…
Une autre gestion des risques
Ces événements brutaux encouragent néanmoins les industriels à davantage prendre en compte la fragilité des chaînes d’approvisionnement dans leur réflexion sur l’évolution de leur organisation. D’après le dernier Baromètre Achats réalisé en Europe et aux Etats-Unis par CSC, 62% des directeur achats placeraient aujourd’hui la gestion des risques parmi leurs priorités. Cette prise de conscience entraîne naturellement une évolution des pratiques pour sécuriser les approvisionnements. Avec la mise en œuvre du double sourcing, notamment, mais aussi la création de relations partenariales à long terme avec ses fournisseurs.
Priorité pour 76% des directeurs achats cette année, le management de ces relations est devenu un enjeu d’autant plus important que la crise a révélé une méconnaissance généralisée par les achats de leurs réseaux de fournisseurs secondaires. Il faudra donc à l’avenir analyser la vulnérabilité des relations fournisseurs et prendre les mesures nécessaires pour la limiter. Pour un nombre croissant de responsables, ce suivi passe par l’analyse financière mais aussi des analyses de qualité, des audits et des tableaux de bord permettant de noter les éventuelles défaillances, qu’il s’agisse de budget de délais de livraison de la qualité ou de la sécurité.
Ce dépassement des critères financiers est déjà une réalité chez certaines entreprises. Le Baromètre confirme l’augmentation du nombre de celles qui référencent leurs fournisseurs en intégrant des critères normés et pondéré de développement durable (environ une entreprise sur deux, en 2011, une proportion sensiblement plus forte en Europe (58%) qu’aux Etats-Unis (37%).
Des systèmes bien renseignés et des outils collaboratifs
Les directions achats tentent aujourd’hui de répondre à ces besoins de transparence et de réactivité. Cela passe, la plupart en sont aujourd’hui convaincues, par la mise en place de systèmes d’information bien renseignés permettant de suivre un panel de fournisseurs et de connaître ceux qui peuvent prendre le relais en cas de défaillance. Pour les années à venir, priorité doit donc être donnée à la cartographie et au classement de toutes les données collectées, en fonction de leur nature économique, politique, environnementale...
Transparence et réactivité sont également recherchées, à travers le développement de projets collaboratifs. Les directions achats ont, en effet, à cœur de transformer leurs réseaux de partenaires en écosystèmes participatifs incluant les fournisseurs. Dans ce contexte, l’outil collaboratif, en permettant de travailler sur un même système avec les clients internes et les fournisseurs partageant méthodes et outils de travail, offre un bien meilleur suivi des processus achats. Une qualité de suivi qui permettra, sinon de remplacer du jour au lendemain une source d’approvisionnement, au moins de gagner un temps précieux.
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